Mardi 29 avril

15h35 - France 5 Documentaire : " Vivre en décalé ". Les trois-huit racontés par une famille où personne ne vit au même rythme.

Le temps déchiré

Chez les Marquis, on fixe la date des repas d'anniversaire plusieurs mois à l'avance. Pour être sûr de pouvoir tous se retrouver à table au même moment. Dans cette famille d'anciens agriculteurs, l'usine et ses horaires émiettés ont fait leur apparition. Le père a délaissé ses moutons pour rejoindre une entreprise de carton. Il appartient à cette génération qui a su profiter de la reconversion industrielle de la région nantaise. Au début, il travaillait une heure ou deux à l'usine, puis à mi-temps. Maintenant, il y est parfois la nuit, parfois tôt le matin. La mère a suivi : " On avait quatre gosses à nourrir quand même ". Les patrons, eux, se frottent les mains : " Les ouvriers qui viennent de la ferme ont l'habitude de l'effort et savent fonctionner tout seuls ".
Autour du gâteau d'anniversaire, il y a donc le père qui se lève à l'aube, la mère qui travaille l'après-midi, Anne-Marie, la fille infirmière, qui travaille parfois dix heures de suite, sa sœur, Stéphanie, qui est employée dans une agence d'intérim, le mari de la sœur, Arnaud, qui se couche à l'aube… " C'est le temps déchiré ", commente Stéphanie qui croise parfois son homme en fin de journée. Elle rentre à la maison, il part à l'usine. Il peut travailler six nuits d'affilée jusqu'à 4 heures du matin, puis se lever à l'aube la semaine suivante. Arnaud a mis des années à sortir de l'intérim. Il n'avait pas d'autre choix que d' " accepter les trois-huit ", dit-il ; Anne-Marie, elle, est en colère : " qu'ils viennent faire ce qu'on fait, travailler toute la nuit, les grands pontes qui nous imposent ça. On va rigoler… "
Marjolaine Jarry

Réalisation : Michel Rodrigo.
Production : Mécanos Productions/France 5.

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