LCP 16.30 DOCUMENTAIRE
Ma Mondialisation
TT Documentaire de Gilles Perret (France, 2006).
90 mn. Inédit

Yves Bontaz est un patron charmant. Dans la vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, il est un des héros d'une industrie florissante, celle du décolletage, qui transforme des barres de métal en pièces pour l'automobile, l'aéronautique, l'électronique, l'armement ou (électroménager. Mais les clients, les fameux « donneurs d'ordre », l'ont décidé: il faut aller en Chine. Alors Yves Bontaz, comme ses collègues, ouvre une usine à Shanghai, après s'être implanté en Tchéquie et au Brésil.
Collé à ses basques, le réalisateur Gilles Perret enfant du pays, recueille ses boutades et ses réflexions, interroge d'autres chefs d'entreprise, ausculte le climat social de la vallée, se renseigne auprès d'économistes. Son film, à la réalisation parfois erratique pour cause de moyens limités, fait mouche parce qu'il choisit l'empathie avec un patron. Un patron atypique par son exubérance. Mais représentatif de ces entrepreneurs déboussolés de voir leurs conceptions paternalistes balayées par l'irruption du capitalisme financier. « On est allé trop loin [...] On va droit dans le mur [...] C'est un système abominable. » Dans la bouche d'un homme qui, à l'orée de la retraite, est assis sur quelques dizaines de millions d'euros, ça interpelle. Ça peut énerver aussi. Surtout quand un de ses collègues donne sa vision du marché planétaire: « Il n'y a rien de pire qu'un pauvre qui veut devenir moins pauvre. »
En s'introduisant dans le milieu fermé des dirigeants de PME, Gilles Perret a pris le contre-pied des films militants. Sur un sujet très polémique, il convainc par son refus de tout manichéisme. Même si la version courte ici diffusée fait regretter (humour et les contrepoints du film originel.

Samuel GONTIER

Sorti au cinéma en novembre, Ma mondialisation continue d'être projeté de ville en ville (lire notre article sur telerama.fr).
Programme des projections et DVD disponibles sur www.mamondialisation.com
Rediffusions: 10/3 à 14h00,11/3 à 9h00.

Article paru dans :


le 09/03/2007