SCIONZIER


"Ma mondialisation" provoque le débat autour de l'avenir du décolletage


Si la vallée de l’Arve est celle du décolletage, Scionzier en est certainement le cœur. Plus encore que Marnaz, Cluses ou Thyez. C'est là que les mentalités ont le moins changé, que la population est la plus tournée vers l'industrie, que les valeurs qui ont fait le décolletage sont restées les mêmes : travail et un sens certain de l'économie ! Pour preuve, cette intervention d'un décolleteur qui se vantait lors du débat d'avoir négocié un rabais de 2,50 euros sur l'entrée à "Ma Mondialisation" mercredi soir parce qu'il était en retard ! Le tout devant une salle du Pax pleine avec plus de 300 personnes.
" Vous devriez avoir honte plutôt " lâchait tout de même une autre dame. Mais ainsi va Scionzier... Dans ces conditions, "Ma Mondialisation", le documentaire tourné par Gilles Perret autour de la figure d'Yves Bontaz, présent dans la salle, vivait son vrai test. Test réussi, si l'on en juge par les réactions des nombreux patrons de PME présents dans la salle. Car le film ratisse large. La mondialisation, autrement dit, le départ des centres de décisions de la vallée vers l'étranger interpelle tout le monde : patrons, syndicalistes comme employés. Et substitue une logique financière à la logique industrielle d'antan qui était le langage des gens de la vallée.
" Je n'ai pas le choix " répète Yves Bontaz, qui a investi en République tchèque et en Chine pour sauver les emplois de Marnaz. Est-ce la fin du décolletage ? Les réponses divergent. Maurice GradeI, maire de la ville et lui-même ancien décolleteur, a dit " son inquiétude " lors du débat." Il restera des niches, mais que vont faire nos jeunes demain ? ". A l'inverse, Yves Bontaz a estimé que " l'usinage restera en France car la Chine a trop de retard ", tout comme Louis Bernard, patron de l'entreprise familiale éponyme.
Un autre, qui ne s'est pas présenté, a dit que le danger ne venait pas que de la Chine, " mais aussi de la Corée où une entreprise vient de commander 1 700 machines numériques d'un coup. " Quelles que soient les réponses que l'on donne à ces questions, l'important est qu'elles soient posées. Le film de Gilles Perret crée le débat en attirant aussi bien les ouvriers que les patrons des PME, les décideurs politiques que les chefs des plus grandes entreprises.

S.C.

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Article paru dans :


Mai 2006