______________Textile______________

La Guerre des cotons
au coeur du débat

Dans les Vosges, on parle beaucoup de la survie du textile depuis six mois. La projection à Epinal d’un documentaire sur la « guerre des cotons » à l‘échelle planétaire a élargi le débat.

Près de 350 suppressions d’emplois en près de six mois dans les Vosges. Dans la filière textile, on ne parle plus que de ça. Du rétablissement immédiat des clauses de sauvegarde, de la concurrence « déloyale » des Chinois, des « règles du jeu » que d’autres ne respectent pas. Du patrimoine vosgien pillé, de grandes maisons comme Boussac. Des inventions, comme le nid d’abeille, dilapidées…
Le documentaire « La guerre des cotons » réalisé par Jean-Michel Rodrigo et projeté mardi soir au cinéma Palace à Epinal a le mérite d’élargir le débat. C’est Philippe Drouot, opérateur de prise de sons au sein de l’équipe de tournage et Spinalien qui est à l’origine de cette projection dans les Vosges. Une projection qui a eu lieu à Epinal en présence de patrons et de syndicalistes du textile vosgien.
Pour son documentaire Jean-Michel Rodrigo est allé aux Etats-Unis, en Afrique et en Chine. Le réalisateur s’est attaché à mettre en parallèle ces réalités complètement différentes de l’industrie du coton. D’un côté vingt cinq mille agriculteurs américains qui cultivent chacun plusieurs milliers d’hectares de coton, avec le soutien de l’état américain et à grands coups de subventions. De l’autre, des millions de paysans africains qui ne possèdent souvent pas plus d’un hectare et qui récoltent encore à la main.
Deux systèmes de production complètement différents qui s’affrontent pour résister et continuer à inonder chacun de leur côté l’énorme marché chinois. Premier exportateur de coton, la Chine est également le premier importateur de coton au monde.
Le mérite de Jean-Michel Rodrigo et de son équipe, c’est qu’il ne se place pas en donneur de leçons. Nombreux sont ceux qui dans les Vosges estiment que la Chine ne respecte pas les règles du jeu. « Quelles règles du jeu », s’interroge le réalisateur ? Les règles du jeu de l’Organisation mondiale du commerce ( OMC ) ? « On crie au scandale quand il s’agit du textile, mais on continue à inonder le marché chinois avec d’autres produits, notamment du blé », souligne le réalisateur qui dénonce l’hypocrisie du système.
En haut de la pyramide, on décide et tout bas, on crie au scandale quand on est confronté aux conséquences de cette énorme machine à broyer les hommes et les économies qu’est devenu le commerce international.

K.T.

 

Article paru dans :


le 10/06/2005