Le coton, sujet épineux

C'est l'histoire d'une petite boule blanche que des mains noires récoltent depuis toujours. Aux Etats-Unis, en Afrique, au Brésil, en Chine aussi. Le coton illustre à lui seul les réalités et les enjeux de la mondialisation. Le coton ou l'affrontement Nord-Sud dans toute sa cruauté. Le réalisateur Jean-Michel Rodrigo, dans son remarquable et glaçant reportage, expose la complexité de l'histoire de cet or blanc.
Direction les Etats-Unis, pour un premier constat. Contrevenant allégrement aux directives de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le gouvernement américain subventionne massivement les producteurs de coton qui parviennent ainsi à exporter. Des millions de dollars qui n'empêchent pas ce paradoxe : le coton industriel américain coûte plus cher qu'il ne rapporte. Côté importation, le protectionnisme est le même : les Etats-Unis refusent tout textile qui ne comporte pas au moins 80% de fil d'origine américaine…
En face, les pays de l'Afrique de l'Ouest, le Bénin, le Burkina Faso , le Mali, le Tchad. Un paysan y gagne moins d'un dollar par jour, mais produit un coton de meilleure qualité. Pas de subventions : les gouvernements respectent les directives de l'OMC. Mais la chaîne de production, de la collecte au stockage et au transport, peine à se moderniser. La question de la privatisation des entreprises d'Etat se pose, qui inquiète les paysans : auront-ils, en ce cas, toujours accès librement aux graines ?
Dans cette bataille, les petits commencent à se réveiller : " Nous ne demandons pas une faveur, nous demandons tout simplement justice ", résume le président malien Amado Toumami Touré. L'Union européenne prend des décisions symboliques, mais la France soutient commercialement les Africains. La caméra suit jusqu'en Chine les démarches des vendeurs. La Chine, évidemment le cœur d'un problème dont l'issue signera rien moins que l'avenir économique, démographique, politique de l'Ouest du continent africain.

SOPHIE ROSTAIN

" France 5, 15h45. " La guerre des cotons ", un documentaire de Jean-Michel Rodrigo.

 

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