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" Les canuts de la solidarité "
Ne pas faire pleurer dans les chaumières et raconter l'histoire étonnante de Handicap International en images. En 25 minutes, Jean-Michel Rodrigo, le réalisateur des " Canuts de la solidarité ", remplit son contrat. A voir sur France 3 Rhône-Alpes Auvergne et le même jour sur tous les sites de Pyramides de chaussures.
Retracer en vingt-cinq minutes, les vingt ans de l'histoire
de Handicap International, tel est le défi que s'est lancé le
réalisateur et ex-journaliste Jean-Michel Rodrigo. Les écueils
étaient nombreux, mais le résultat est probant. Pas d'images
volontairement provocantes, ni de sentimentalisme outrancier. C'était
un peu la recette à appliquer par le réalisateur. Jean-Baptiste
Richardier, co-fondateur de l'association, voulait éviter également
" les images sépia et le reportage faire-valoir, mais plutôt
une image décalée pour remobiliser les énergies de l'association.
" En somme être sérieux, car le sujet est grave, mais
sans trop se prendre au sérieux. " Garder l'esprit rebelle
", comme l'explique dans le film Bertrand Tavernier, le parrain lyonnais
de l'association, d'où le titre " les canuts de la solidarité
".
Handicap International est né à Lyon, mais avant tout dans la
tête de deux jeunes médecins, qui depuis vingt ans tiennent toujours
le volant de l'association. L'aventure a commencé en 1982 à
la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande. A deux pas des
champs de la mort, dans les camps de réfugiés où il fallait
panser les plaies béantes d'enfants, qui avaient sauté sur les
mines. Le travail de terrain, c'était soigner, réparer avec
des bouts de ficelles et du bambou taillé. Mais jamais dans le tragique.
" Ca rigolait un max ", se rappelle l'actuel directeur Claude
Simmonot. Viennent ensuite, d'autres conflits, d'autres armes de plus en plus
sophistiquées. Mais commence aussi le combat politique, pour que cesse
la fabrication et l'utilisation des mines. " Une arme terroriste,
qui tue et détruit les populations civiles ", rappellent les
fondateurs de l'association. En 1997, aux côtés de cinq autres
ONG, Handicap International reçoit le prix Nobel de la Paix. La même
année, cent vingt trois pays signent à Ottawa la convention
sur les mines antipersonnel. Depuis 1999, elle sert de nouvelle norme internationale.
A cette " utopie impérieuse " d'arrêter le massacre
s'ajoute l'action concrète efficace avec les outils adaptés
au terrain pour chaque pays. Comme au siège de l'association à
Lyon, à deux pas du musée de la Résistance, où
des adolescents handicapés s'initient à l'informatique. Comme
pour boucler la boucle aussi, le témoignage de Raymond Aubrac, qui
apprend-on, a uvré pour le déminage de la France à
la Libération. Mais le plus beau moment du film est sans doute le témoignage
sensible et lucide d'un père sur la vie de sa fille handicapée.
Yves PICARD
Le documentaire sera diffusé le 5 octobre à 15h55 sur France 3 Rhône-Alpes Auvergne. Il sera par ailleurs présenté le même jour, sur chacun des vingt-six sites de France, où sera présentée la Pyramide de chaussures.
Article paru dans :
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